Dans la nuit la moiteur
De la ville immobile
Nous allons à pieds nus
Sans bruit dans l'air épais
Nous sommes anonymes
Prestement silencieux
Nous étouffons nos pas
La sueur à fleur de peau
Sous l'orage électrique
Nous sommes anonymes
Les bambous agités
Dans l'attente de l'eau
Balancent dans le vent
La tension est latente
Nous sommes anonymes
Le silence s'étale
Par dessus le ciel noir
Avec l'immensité
D'un rythme végétal
Nous sommes anonymes
Dans la nuit la moiteur
De la ville immobile
Nous allons à pieds nus
Sans bruit dans l'air épais
Nous sommes anonymes
Nous marchons sur un fil
Tendu entre deux mondes
Passagers clandestins
Arc-boutés dans la nuit
Nous sommes anonymes
Nous ne sommes pas sûrs
Mais nous sommes tranquilles
Nous sommes avisés
Nous comptons sur nos mains
Nous sommes anonymes
Nous sommes en mesure
D'étouffer dans nos bras
Le serpent de la peur
Qui se glisse entre nous
Nous sommes anonymes
La présence de l?autre
Le souffle qui ruisselle
Le serpent de la peur
Dans l'air qui nous sépare
Nous sommes anonymes
Nous sommes en mesure
D'étouffer dans nos bras
Le serpent de la peur
Sans une hésitation
Nous sommes anonymes
Dans la nuit la moiteur
De la ville immobile
Nous allons à pieds nus
Sans bruit dans l'air épais
Nous sommes anonymes
Nous traversons à gué
Les avenues désertes
Vides de toute vie
A grandes enjambées
Nous sommes anonymes
Nous dansons sous la lune
La danse de la pluie
Nous rions aux éclats
De l'eau sur les visages
Nous sommes anonymes
Nous aimons lentement
Nous avons nos durées
Nous prenons notre temps
Pour d'autres connivences
Nous sommes anonymes
Nous sommes anonymes
Vagabonds aux pieds nus
Aux regards habités
Par l'étrange douceur
D'une étoile de sel
Laissez passer les passagers
Didjeko